Bonheur viral

Il n’est certes peut-être pas judicieux en ces temps de confinement que de parler de virus et de transmission entre humain. Et pourtant nous vous livrons en trois visions différentes notre façon de voir la chose.

P.-A vous offrira certainement un truc assez songé que le lecteur lambda (dont je fais partie) devra relire à plusieurs reprises afin d’en saisir toute la subtilité. Marc-Antoine de son côté vous livrera j’en suis certain un texte abouti, cartésien et réfléchi. De mon côté… Certainement moins poétique que le premier et moins élaboré que le second, j’opterai pour la simplicité de mes expériences et la longueur de mon discours! 

Virologie; Boucar, corrige moi si je m’égare!

Je ne suis pas de ceux qui s’inquiètent outre mesure parce qu’un virus nous met tous en quarantaine et ce que l’on soit en accord ou pas. Moutons urbanisés que nous sommes devenus, je ne nie pas que les gestes posés par nos décideurs soient pour le bien de la communauté, mais j’exprime là certaines réserves. Loin de moi l’idée de nier l’évidence d’une pandémie et du lot de malheurs individuels qu’elle traîne dans son sillage, mais j’aime relativiser les faits.

Boucar Diouf, Sénégalais, docteur en biologie marine, vulgarisateur, auteur, chroniqueur, lorsque tu me parles de virus, de bactéries, de misère humaine, tu m’aides à relativiser. Dis-moi, des idées préconçues, des vérités à deux balles, des peurs de grand-mères, en as-tu entendues beaucoup dans ton village le jour ou tu as rêvé tout haut à tes projets de devenir docteur en biologie? Partant pour Dakar rejoindre ton université et plus tard en nous rejoignant dans la belle province pour compléter tes études (et ce malgré le chemin déjà parcouru) as-tu ressenti comme les préjugés on la vie dure? Boucar, je ne te connais que de vue, sur scène, au travers de tes livres et dans tes écrits de chroniqueur mais comme j’aimerais que tu vulgarises au public les effets du virus dont je suis atteint!

Motocyclistebonhorus

Ce n’est pas une maladie, non. C’est juste une façon de vivre dont le principal symptôme associé est le bonheur et le sourire. Hop, hop, hop, je vous vois venir apôtres du risque zéro, magiciens de la pensée encarcanée et je vous le dis tout de suite, je n’embarque pas dans vos combines.

Grace à Tous Motards j’ai la chance de pouvoir disséminer le virus, simplement en mettant en scène ou encore par l’écrit cette passion qui m’anime depuis plusieurs années. Le but de cette démarche est de faire découvrir un univers passionnant et varié. Ni expert, ni savant, j’essaie dans la simplicité et l’enthousiasme de vous donner le goût au moins d’essayer. De franchir le pas si la chose vous intéresse.

Malheureusement, je ne suis atteint que de la forme la plus légère de la maladie. Occasionnellement j’aimerais retrouver l’audace de mes 20 ans, mais force est d’admettre que je vieillis. Certains, plus jeunes, plus habiles ou encore atteint d’une forme plus sévère de la maladie qui nous unit vous parleront de leur passion en des termes beaucoup plus approfondis ou technique. Dans certains cas ils illustreront le propos par quelques démonstrations d’effets secondaires. Alors viendrons les wheelies, stoppies, gymkhana, hill climbing, enduro ou encore le déposé du genoux, une affliction difficile à supporter pour les plus rébarbatifs de notre société.

Mais voilà un truc qui me scie et me laisse un peu sur le cul. Toi Boucar explique moi ça! Nous sommes de plus en plus nombreux sur terre et pourtant ce virus est pratiquement en voie de disparition! Je l’ai lu, tu me l’as dit à la télévision, nous sommes amalgames de virus, bactéries, microbes et ils ne sont pas tous nocifs! Alors pourquoi la société des bien-pensants s’évertue à éradiquer mon virus du bonheur? Et oui, je ne le nie pas, il a fait aussi son lot de drames humains, mais je le répète, apôtres du risque zéro votre discours ne résonne pas à mes oreilles!

Vaccin ou pas!

Je ne veux pas en guérir, ni même me faire vacciner afin d’en atténuer les effets. Pas forcément évident d’apprendre à vivre avec le virus, quand le spasme de la main droite te fait tourner plus que de raison la poignée des gaz. Mais force est d’admettre que je ne me lasserai jamais du bonheur de la sensation même si aujourd’hui vieillissant je ne le fais plus aussi souvent et certainement plus dans les mêmes circonstances.

Je ne suis pas plus sage, je suis juste un peu plus conscient et moins téméraire! Mais la joie, le bonheur et l’incroyable sensation de vivre pleinement au guidon de ma moto me font apprécier au quotidien le fardeau de ma maladie.

Ne vous approchez pas, je suis contagieux! Et si par malheur sans le vouloir vous l’attrapiez! Que maintenant infecté vous vous libériez du carcan du bien-pensant! Que dorénavant votre cœur et votre souffle s’accéléraient au son d’un quatre cylindres avec quelques R… Vous vivriez alors la passion qui anime chaque motocycliste.

Finalement à vous qui jugez sans savoir ou qui pensez que savoir vous donne le droit de juger… Accompagnez-moi back seat sur le dos de mon virus. Arpentons dans l’harmonie quelques sentiers bitumineux, respirons les effluves du temps qui passe et reparlons-en après.

Boucar, le mot de la fin?

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