Le vrai secret pour réussir ses rides moto
Une ride de moto réussie et appréciée des participants commence presque toujours avant même de démarrer le moteur.
Préparer un trajet et choisir le type de sortie adapté aux riders comme aux motos peut changer complètement l’expérience. Rien de ce qui suit ne vient d’un manuel. Tout cela découle surtout de rides vécues, de bons coups… et de plusieurs erreurs aussi.
Définir l’intention de la journée
Avant même de regarder une carte, j’ai habituellement une idée du genre de journée que je veux vivre. Parfois, cela naît d’une destination à voir, d’une région à visiter ou de l’envie de découvrir une route un peu plus technique :
- décrocher et relaxer
- attaquer de belles routes
- découvrir une région ou un point d’intérêt
- rouler longtemps
- manger quelque part de spécial
- improviser sans pression
Plusieurs choisissent une route avant de choisir l’expérience qu’ils souhaitent vivre. De mon côté, j’essaie d’intégrer ces objectifs dès le départ. Ce petit réflexe oriente souvent tout le reste.
Nourrir ses idées de destinations

La plupart du temps, les idées ne me viennent pas au moment de planifier. C’est plutôt une sorte de banque qui se construit au fil du temps. Un article lu ici, une suggestion d’un bureau touristique régional, une route repérée sur Google Maps par curiosité ou même une vidéo vue ailleurs. Tout ça finit par créer une réserve dans laquelle je pige quand l’envie de rouler arrive.
Et au Québec, les longs mois de sevrage hivernal nous donnent aussi le temps de rêver à tout ça.
Destination ou prétexte ?
Quand je prépare une ride d’une journée, je commence rarement par tracer tout l’itinéraire. Je cherche d’abord un point d’ancrage : un village, un attrait, une région, un café ou un restaurant que j’ai envie de voir ou de revoir.
Ce prétexte simplifie ensuite tout le reste : distance réaliste, direction générale, type de routes et arrêts possibles. Cette idée simple vaut souvent mieux qu’un trajet compliqué sans but clair.
Construire une boucle intelligente
Pour une ride d’une journée, quand c’est possible, je privilégie une boucle à un simple aller-retour. On évite de revoir deux fois le même trajet et la journée garde un sentiment de découverte jusqu’au retour.
Totale transparence, je vais probablement refaire la même boucle en version inversée plus tard dans l’été.
Pourquoi ça fonctionne ?
- plus de variété
- impression de voyage plus riche
- moins de monotonie
- mélange de routes et de paysages
- retour plus intéressant mentalement
- deux rides pour le prix d’une.
Évidemment, une boucle n’est pas toujours possible ni idéale. Lors de certaines rides, il m’arrive de viser un objectif un peu plus lointain, quitte à revenir par l’autoroute.
Choisir une distance réaliste
Beaucoup de rides déçoivent non pas à cause de la route, mais à cause d’une distance mal choisie. La distance idéale dépend moins de la moto que du pilote, du type de route, du rythme et de l’expérience.
Trop courte = frustration. Trop longue = fatigue, pression, erreurs.
Quelques repères utiles
Ride d’une journée
250 à 350 km : sortie relaxe, nouveau rouleur
350 à 500 km : rouleur régulier
500 km et + : gros rouleur expérimenté, rythme soutenu ou longues portions fluides
Ride sur deux jours (avec nuitée)
400 à 600 km : accessible et agréable
600 à 900 km : bon rouleur motivé
900 à 1000 km+ : avancé, bonne endurance, planification solide
500 km de petites routes sinueuses ≠ 500 km d’autoroute.
Avec le temps, on réalise que le kilomètre n’a pas toujours la même valeur. La distance idéale dépend du type de route, de la météo, du trafic, des arrêts et de l’énergie du moment. Ces repères sont utiles mais chacun doit trouver ce qui lui convient.
En début de saison, j’y vais un peu plus molo, question de me rebâtir une endurance.
L’endurance d’avril, après quatre mois d’inactivité est plus faible que celle du mois de novembre précédent…
Choisir les bonnes routes

Mes meilleures rides se jouent entre le départ et l’arrivée. Une fois le point de départ et le prétexte choisis, mon outil de prédilection demeure Google Maps pour tracer une première ébauche du trajet. Ensuite, je raffine pour y ajouter ce qui m’intéresse vraiment.
J’ajoute des points de passage (« waypoints ») pour privilégier les routes que je veux réellement emprunter.
Oui, mais quoi au juste ?
Je regarde surtout la topologie des routes : courbes, reliefs et dénivelés. Ensuite je choisis le type de route selon la préférence du groupe : asphaltée, gravelleuse ou un mélange des deux.
Je cherche constamment les paysages intéressants. Si des belvédères se trouvent sur l’itinéraire, je peux m’ajuster en conséquence. Cela dit, ce n’est pas une promesse de s’arrêter à chacun d’eux. Tout dépend de l’humeur du moment et de l’évaluation que je fais de ma progression par rapport aux objectifs de la journée.
Puis il y a les portions à éviter : trafic, zones de travaux, secteurs monotones. Au Québec on peut vérifier une bonne partie de tout cela avec Québec 511, qui offre une carte interactive sur l’état du réseau, les ponts barrés et les travaux en cours.
J’ajoute qu’une route sinueuse n’est pas toujours synonyme de plaisir. On retrouve parfois un revêtement abîmé, du trafic lent ou plusieurs zones de vitesse réduite quand on traverse des villages.
Garder de la marge !
Une ride trop remplie peut vite devenir une course contre la montre. J’essaie donc d’éviter de planifier chaque minute.
Si je réalise que c’est trop ambitieux pour une seule journée, il m’arrive de changer le prétexte… ou simplement étirer le projet de ride sur deux jours.
Comme plusieurs, j’ai souvent surestimé ce que je pouvais faire en une journée.
Une journée moins chargée laisse aussi davantage de place à l’imprévu. Demandez à mes compagnons le nombre de culs-de-sac explorés… et les belles surprises qu’on y a trouvées.
Pauses, essence et bons arrêts

Une bonne ride ne se résume pas aux kilomètres parcourus. Les arrêts choisis au bon moment peuvent transformer une journée ordinaire en une expérience mémorable.
Avec le temps, j’ai appris à ne pas considérer les pauses comme une perte de temps. Elles font partie de l’expérience.
L’essence
Je garde un œil sur l’autonomie, surtout en région. Sur certaines des plus belles routes, les stations-services peuvent se faire rares. Je préfère me ravitailler un peu trop tôt qu’un peu trop tard. Un arrêt essence bien placé est une pause bienvenue pour tout le groupe.
Les pauses utiles
Je préfère les micro-pauses au bon moment plutôt qu’un long arrêt pris trop tard. Elles permettent de se dégourdir, boire de l’eau, ajuster une pièce d’équipement au besoin et garder le groupe frais et concentré.
Les bons arrêts
Souvent, mon prétexte, ma curiosité et ma gourmandise m’emmènent vers un ou deux vrais points d’arrêt dans une journée : un café sympathique, une terrasse, une boulangerie, une charcuterie, un point de vue ou une halte locale inattendue. Ce sont souvent ces moments que l’on se remémore ensuite entre amis.

Le vrai bon arrêt... manqué !
Lors de notre road trip automnal dans le Bas-du-Fleuve, j'avais prévu un arrêt gourmand chez Mag, à Kamouraska. Malheureusement ma source était erronée et la cantine était fermée. Malgré la planification du trajet et une traversée matinale du fleuve Saint-Laurent en traversier, même un planificateur expérimenté peut se mettre le doigt dans l'œil. Ça reste un moment mémorable... pour les mauvaises raisons.
Ne pas trop en mettre
Rouler sans jamais s’arrêter fatigue. S’arrêter sans cesse fragmente la journée. Le bon dosage dépend du groupe, de la météo, du moment et de l’ambiance. J’essaie de prévoir quelques arrêts, puis je laisse le reste se décider naturellement.
Conclusion

Avec le temps, j’ai compris qu’en moto, une ride réussie ne dépend pas seulement d’où l’on va, mais de la façon dont on y va. La destination donne parfois l’élan de partir. Ensuite, ce sont les aventures en route, les rires, les découvertes, les paysages et les bons moments entre amis qui créent les souvenirs.
Série : Préparer ses rides moto
Cet article lance notre série Préparer ses rides moto. À suivre : triangle «maîtrise, liberté et plaisir», distance idéale, outils de planification, meilleures routes, préparation rapide et rides de deux jours.
